Le Kazakhstan refuse l’asile à un officier russe déserteur

Evgueni Korobov. Photo du site vot-tak.tv

Le 5 février, le tribunal d’Astana a refusé d’accorder le statut de réfugié au militaire russe Evgueni Korobov. Cette information a été communiquée à Vot Tak par son avocat, Artur Alkhastov, juriste au Bureau kazakh des droits de l’homme.

Selon lui, depuis le début de l’opération militaire de la Russie en Ukraine, le Kazakhstan a rendu des décisions similaires à l’égard de dix autres déserteurs russes, M. Korobov étant le onzième.

Le lieutenant-chef Evgueni Korobov est diplômé d’une école militaire et officier de carrière. Il a combattu dès le début de la guerre en Ukraine, mais, selon ses propres dires, il n’a jamais tiré sur quelqu’un à bout portant et s’est blessé volontairement à la jambe lors d’une mission afin de pouvoir quitter le front. À la fin de l’année 2022, après avoir été hospitalisé, il s’est enfui au Kazakhstan, où il a obtenu un permis de séjour temporaire. Depuis avril 2024, il avait le statut de demandeur d’asile. Pendant ce temps, en Russie, une procédure pénale a été engagée contre lui en vertu de l’article 338 du Code pénal russe (« désertion ») et il a été placé d’abord sur la liste des personnes recherchées au niveau fédéral, puis au niveau international. Après cela, il est lui est devenu impossible de prolonger son permis de séjour temporaire au Kazakhstan.

M. Korobov a déposé à deux reprises une demande d’asile auprès du Service de l’emploi et de la protection sociale d’Astana, mais celle-ci a été rejetée. Il n’a pas réussi à contester cette décision devant le tribunal de la capitale kazakhe. Son avocat, Artur Alkhastov, a déclaré qu’il ferait appel. Il estime que le refus de son client de faire la guerre est motivé par des raisons politiques et constitue donc un motif de persécution politique dans son pays d’origine.

Une fois la décision du tribunal entrée en vigueur, M. Korobov sera tenu de quitter le Kazakhstan dans un délai de 30 jours, a précisé M. Alkhastov. En cas d’expulsion, il risque jusqu’à 15 ans de prison.