Narges Mohammadi, militante iranienne des droits humains et lauréate du prix Nobel de la paix, a été condamnée à une nouvelle peine de prison de sept ans et demi, rapporte Reuters.
Mohammadi, 53 ans, a été battue et arrêtée le 12 décembre 2025 lors d’une cérémonie funéraire dans la ville de Mashhad, dans le nord-est de l’Iran. Le procureur Hassan Khamatfar a alors déclaré aux journalistes qu’elle avait tenu des propos provocateurs et incité les personnes présentes à « scander des slogans contraires aux normes » et à « troubler l’ordre public ».
Mohammadi est détenue dans un centre de détention provisoire à Mashhad. Du 2 au 8 février, elle a mené une grève de la faim pour protester contre l’interdiction qui lui est faite, ainsi qu’à d’autres détenus, de recevoir des soins médicaux, et contre l’obligation de porter le hijab. L’activiste a informé son avocat, Mostafa Nili, par téléphone de sa nouvelle condamnation, prononcée le 7 février.
La sentence comprend six ans d’emprisonnement pour participation à des réunions et complot contre la sécurité nationale, et un an et demi pour propagande contre le gouvernement. À l’issue de sa peine, la militante des droits humains sera envoyée en exil pendant deux ans dans la ville de Khusf, avec interdiction de quitter la ville.
ℹ️ Narges Mohammadi est née en 1972, elle est physicienne de formation et a commencé sa carrière comme journaliste et autrice d’essais politiques. Elle est mariée au célèbre activiste Taghi Rahmani, qui vit en exil en France depuis 2012 ; le couple a deux enfants.
Auparavant, les autorités iraniennes avaient arrêté la militante des droits humains à 13 reprises et l’avaient condamnée à un total de 31 ans de prison et 154 coups de fouet. En août 2024, Mohammadi a été condamnée à une année supplémentaire d’emprisonnement pour avoir dénoncé des cas de harcèlement sexuel systématique dans les prisons, que Téhéran a qualifiés de mensonges.
Après avoir subi une opération en novembre 2024, la militante des droits humains a été temporairement libérée de la prison d’Evin en décembre pour raisons médicales. Depuis sa libération, elle a régulièrement fait l’objet de persécutions et de menaces. En juillet 2025, le ministère de l’Information avait averti ses avocats qu’il lui était interdit de donner des interviews aux médias, de mobiliser des groupes de défense des droits humains et de promouvoir les droits humains.
Mohammadi a reçu le prix Nobel de la paix en 2023, alors qu’elle était en prison, pour sa campagne en faveur des droits des femmes et de l’abolition de la peine de mort en Iran.



