L’Ouzbékistan suspend ses exportation de cellulose suite à des risques de sanctions

L’Ouzbékistan a instauré une interdiction temporaire d’exportation de la cellulose et d’autres produits dérivés du coton en raison des craintes que les entreprises locales fournissant ce type de produits à la Russie risquent de tomber sous le coup de sanctions internationales. Cette explication a été fournie aux hommes d’affaires par le vice-premier ministre de la république, Jamshid Khodjaev, lors d’une réunion avec des entrepreneurs de la région de Tachkent, rapporte Spot.uz.

Selon lui, une vérification des contrats d’exportation est actuellement en cours. Ensuite, le gouvernement du pays approuvera la procédure de délivrance des autorisations, et les producteurs pourront à nouveau exporter leurs produits à l’étranger. De plus, le ministère des Investissements, de l’Industrie et du Commerce a reçu pour instruction d’accélérer l’élaboration des projets de lois correspondants et de soumettre rapidement des propositions au cabinet des ministres.

Le vice-premier ministre répondait à la question du dirigeant de l’entreprise Bumfa Group Asia, Shakirjon Dodojonov, qui a expliqué qu’à partir du 7 janvier, le Comité des douanes d’Ouzbékistan lui avait interdit, sans explication, de réaliser des transactions d’exportation. En conséquence, comme l’a souligné l’homme d’affaires, 100 de ses employés ont été mis au chômage technique et les pertes de l’entreprise dépassent déjà 2 milliards de soums (140 000 euros). L’entrepreneur a précisé que son usine fabrique des articles en papier à usage domestique et des produits d’hygiène.

Les fonctionnaires ont rappelé à M. Dodojonov que la cellulose et les produits cotonniers similaires sont soumis à la surveillance d’organisations internationales. Pour éviter que tout le système ne tombe sous le coup de sanctions, l’Ouzbékistan a été contraint d’instaurer un contrôle strict des exportations. En effet, si des restrictions étaient imposées sur ces marchandises, les fonds provenant de leur vente seront gelés, et les vendeurs et les producteurs se retrouveraient alors dans une situation financière très difficile.

Les représentants de la Banque centrale de la république présents à la réunion ont ajouté que les contrats d’exportation sont également vérifiés par l’institution de régulation. Étant donné que les entreprises ouzbèkes exportent de la cellulose vers la Russie, où cette matière première peut être utilisée pour les besoins du complexe militaro-industriel, elles risquent de tomber sous le coup des sanctions antirusses. C’est pourquoi la Banque centrale examine les contrats pour vérifier la présence d’acheteurs figurant sur la SDN List (liste de sanctions des entreprises et des personnes physiques établie par les autorités américaines) ou d’intermédiaires contournant les restrictions imposées par les pays occidentaux. Cependant, même dans ces cas, les institutions de crédit ouzbèkes reçoivent des avertissements, et non des exigences d’interdiction de versement de fonds aux entreprises.

Un autre représentant d’une entreprise produisant de la ouate hydrophile s’est plaint que son entreprise était également soumise à une interdiction d’exportation, bien qu’elle fournisse des matières premières non seulement à la Russie, mais aussi à d’autres pays, par exemple en Europe.

Le vice-premier ministre Khodjaev a rappelé à l’homme d’affaires que tout produit dérivé du coton pouvait être sanctionné, c’est pourquoi les autorités du pays analysent minutieusement ce type de transactions, ce qui prend un certain temps.

« Cependant, cela ne durera pas longtemps. Une fois l’autorisation obtenue, vous pourrez ensuite exporter sans entrave », a rassuré le fonctionnaire.